Rappelle-moi Chris Martin et son Piano

Rappelle-moi The Scientist.

Rappelle-le moi quand je n’aurai plus la patience. 

Rappelle-le moi quand je n’aurai plus le temps, ou l’énergie de m’en souvenir par moi-même.

Cécile.

Quelqu’un m’a demandé récemment comment j’allais, comment tout se passait pour moi. Il fallait comprendre : est-ce que tu t’en sors mon vieux ? Avec tes trois femmes à la maison ? Avec tes deux gamins en bas-âges ? Avec tes obligations de jeune papa ?

J’ai répondu à cette question maladroitement ouverte que depuis quelques mois, depuis que nous étions quatre, il ne nous restait plus de temps que pour nous engueuler. Et cette réponse t’a fait de la peine. Pardonne-moi. J’avais pourtant le sentiment d’avoir raison, comme souvent, me diras-tu. Mais, comme souvent, j’avais tort.

En réalité, j’avais tout faux. Nous avions le temps pour tout, sauf pour nous engueuler. Précisément.

Mais il était tellement plus simple de trouver ce temps-là que de trouver celui de s’écouter, de se comprendre. Plus facile que de trouver la patience, l’endurance et le sang-froid, face à la fatigue et aux courbatures infligées par la vie de parents.

Ce qu’il y avait, Cécile, c’était que plus je progressais dans l’existence et plus je ressentais le besoin de justifier le temps passé et surtout celui de poser une main satisfaite sur ce que j’avais accompli, chemin faisant. Et ce besoin-là est de ceux qui trompent un homme, qui le rendent aveugle et sourd à tout ce qui l’entoure, à commencer par la présence de ceux qui l’aiment.

Ce qu’il y avait, Cécile, c’était que je ne regardais pas dans la bonne direction, à la recherche d’un moyen de combler un peu ce besoin, qui me conduisait seul sur le chemin du silence.

Il y avait pourtant bien quelque chose de très concret et de très vivant, que j’avais construit, qui se construisait encore chaque jour autours de moi, patiemment, et au beau milieu duquel je vivais jour et nuit. Ma famille. Et je pouvais en être fier.

Et au centre de tout ça, il y avait toi. Mon orbite. Mon point de départ. Celui à partir duquel il n’y avait plus rien à regretter, et après lequel il y avait tout à perdre.

Et chaque matin et chaque soir, je pouvais passer ma main dans tes cheveux et dans ceux de mes filles pour y sentir l’odeur et le toucher du chemin accompli, si m’en prenait le besoin ou l’envie ; autant que ce jour-là, un vendredi soir, ballotté par le mouvement rassurant d’un train qui approchait lentement de son quai et bercé par le son de Coldplay.

Cette fois-là, cette urgence à me réfugier vers la solidité de mes fondations m’avait conduit à toi. Tout simplement.

Pardonne-moi d’avoir eu besoin d’un peu de musique pour me souvenir de la valeur du temps passé à tes côtés. Pour me rappeler son importance.

Pardonne-moi de n’avoir pas pensé à toi assez souvent quand je cherchais à m’accomplir.

Rappelle-moi Chris Martin et son piano la prochaine fois que tu me sentiras partir, que tu me sentiras me perdre ou m’éloigner de toi.

Rappelle-le-moi quand tu me verras perdre patience. À cause de nos enfants. À cause de nos disputes.

Rappelle-le-moi à chaque fois que tu voudras te souvenir avec moi du temps passé ensembles, à s’aimer.

Et je me souviendrai tout ce qu’une main passée dans tes cheveux suffit à satisfaire.

Retour à la terre

Ou ce qu’une après-midi à la ferme avec un enfant de deux ans apprend sur la nature humaine

Un de ces samedis de début de printemps, nous décidâmes de nous rendre à « La Chasseloire » une de ces fermes bio ouvertes au public, qui fleurissaient depuis quelques années déjà en périphérie de Nantes.

La Chasseloire, à Saint-Herblin

Nous avions essayé d’y aller la semaine précédente pour découvrir — le nez devant la barrière close — que la ferme n’était pas ouverte ce jour-là, qui était un dimanche.

En bons parisiens — pas tout à fait repentis — que nous étions encore, nous n’avions pas pris la peine de vérifier si le travail dominical était aussi un sujet dans une ferme du bocage nantais (#WTF?!), alors qu’à Paris, tout ce dont nous avions besoin, nous pouvions nous le procurer le dimanche.

En quelques minutes de voiture nous étions à la Défense, aux « Quatre-temps », le plus grand centre commercial d’Europe, un véritable temple dédié à toutes les formes possibles et imaginables de la consommation, ouvert 7 jours sur 7.

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Et ceci n’est que la face cachée de l’iceberg…

Le principe de Chasseloire était que l’on pouvait attraper un joli petit panier en osier tressé et jouer en famille à la petite maison dans la prairie, cueillir soi-même les fruits et légumes que nous offrait la saison. A la mi-mai il y avait des fraises.

Nous nous attribuâmes donc une rangée encore vierge, où nous étions les seuils cueilleurs, et nous y engouffrâmes, sans d’ailleurs n’avoir aucune envie particulière de fraise, mais seulement avec l’instinct réveillé par la perspective de cette nouvelle forme de consommation, par ce retour aux sources qui avait l’air pour nous si provincial et qui correspondait exactement à ce que nous recherchions en quittant la capitale.

Nous en étions là, nous aussi, arrivés à cette envie si contemporaine d’en revenir aux bases.

On essayait de donner à notre retour en province un goût de retour à la terre, sans que cela ne soit d’ailleurs pour nous tout à fait conscient. Peut-être une sorte d’instinct primitif…

Au demeurant, la cueillette était une activité idéale pour notre Joséphine qui avait alors un peu moins de 2 ans. Elle commençait à bien marcher toute seule et une de ses occupations favorites était de scruter le sol à la recherche de « Youyous » (cailloux) et de tout autre chose à ramasser et à fourrer dans son « Ateur ! » (tracteur), qui était en fait une petite remorque rouge, munie de quatre roues et d’une poignée qu’elle traînait derrière elle à la façon d’un panier roulant de supermarché, qui se remplissait de tout ce qui se trouvait à portée de sa main.

Joséphine avait grandi, et elle n’avait maintenant plus besoin de nous pour se déplacer. C’était un monde entier d’appropriation qui s’était ouvert à ses petits doigts encore si joliment potelés.

Et nous avions en fait tendance à oublier, voire même, à ne jamais avoir songé un seul instant, qu’elle vivait sa vie de petite fille au ras du sol, et que ce qui tapissait nos rues et nos trottoirs n’avaient pas encore été étiquetés, dans son petit univers, comme des déchets qui étaient devenus invisibles à nos yeux d’adultes.

Tous les débris de notre saleté habituelle et quotidienne, constituaient encore pour elle une foule d’objets nouveaux et attirants, qui plus était, tout un tas de choses qu’elle ne voyait pas chez nous. Alors elle n’en loupait pas une, mégots de cigarettes, tessons de bouteilles de bières, morceaux de plastiques en tous genres, feuilles mortes, tâches d’huile et tout autres copeaux et miettes laissés par l’étendue de nos consommations.

On eût dit une pie attirée par tout ce qui brillait.

Quant à moi, j’étais littéralement fasciné par l’observation de cet esprit de collection, d’accumulation qui semblait se développer si tôt chez les tout-petits.

Cécile me disait que c’était normal, à cet âge. Normal, d’accord, mais quand même si surprenant. Et, face à l’observation de ce genre de comportements Joséphine devenait pour moi une source permanente de découverte et de questionnements, un petit laboratoire humain dans lequel on pouvait observer tant de choses se passer, et des choses capitales.

En donnant la vie, nous avions en fait amorcé cette réaction en chaîne qui apportait chaque jour son lot d’apprentissage, pour nous trois.

On ne développait pas de mémoire avant 3 ou 4 ans disait-on, et dans ces moment-là, l’évolution innocente de Joséphine était une fenêtre sur ces années qui restaient enfouies ou refoulées en chacun de nous.

De ces premières années, nous ne gardions tout au plus que des réflexes, des automatismes, des comportements, mais leurs fondements nous demeuraient totalement étrangers, perdus dans le trou noir que constituait ces premières années de la vie.

Voir mon enfant évoluer était donc l’occasion d’essayer de fouiller dans ces vestiges d’humanité, au fond de cet état d’avant la conscience dans lequel s’exprimait encore librement tout ce que l’espèce humaine était capable de reproduire par l’inné, avant que celui-ci ne soit étouffé par la primauté qu’une société complexe est tenue de concéder à l’acquis.

Et ce que je vis ce samedi-là me rassura, et me réconcilia, en quelques sortes, avec ma propre nature humaine.

En regardant ma Joséphine si heureuse, faire ces petits gestes si humains, pincer un fruit du bout de ses petits doigts et l’attirer vers sa besace, j’arrivais à la constatation que cet esprit d’accumulation, cette peur du manque, ces désirs d’abondance et de consommation sans limite étaient des choses profondément ancrées en l’Homme. Personne ne lui avait encore appris à s’émerveiller devant un caillou, un morceau de bois ou un bouchon de bouteille, et encore moins à se les approprier.

Ma petite Joséphine était donc la preuve que ces traits que nous tenions pour si caractéristiques du comportement de l’homme moderne, que ces traits que nous voulions le plus souvent combattre, tenaient en réalité peut-être plus de l’inné que de l’acquis.

Ma fille me permettait de songer que l’Homme n’avait peut-être pas dérivé vers cette recherche de plaisir à tout prix, qu’il n’avait pas changé de cap, en cours de route, mais qu’il était bien né pour ça.

On était en fait bien plus proches qu’on ne le pensait de nos ancêtres des cavernes, c’était simplement le monde, la société et le progrès technique qui nous poussait chaque jour un peu plus vite sur cette pente vers laquelle nous inclinions en fait naturellement.

Ce qui n’enlevait pourtant rien au fait que la société d’aujourd’hui était probablement plus propice que jamais à nous faire pencher vers cet inné, que nous avions mis tant de siècles à dominer.

Si Cro-Magnon avait pu mettre la main sur un IPhone il l’aurait cueilli sans hésiter et aurait percé les mystères de ses moindres fonctionnalités aussi rapidement que celles d’un silex.


Mais non content de me sentir réconcilié avec ma nature humaine, cette petite partie de cueillette provinciale fut aussi l’occasion pour moi de prendre conscience de ce que le mot éducation voulait réellement dire, du poids qu’il faisait peser sur mes épaules, et évidemment de ce qu’il avait pu dire pour mes propres parents. Car je n’avais pas été un enfant facile, un adolescent non plus et je n’étais pas encore aujourd’hui un fils idéal.

Il allait falloir que j’apprenne, à mon tour, à ce petit chasseur-cueilleur qui fourrageait à la surface du sol à consommer sans se noyer, à être curieuse sans être futile, à aimer sans souffrir et sans faire souffrir ; lui apprendre la déception, le courage, les illusions, les frustrations, la beauté, parfois si difficile à trouver.

Lui apprendre à dominer sa petite nature humaine à elle, et à la développer pour en faire quelque chose de vivable, de sociable, et d’épanoui.

Tout un programme.

Le travail d’une vie de parent.

School Blues :-(…

Depuis 15 jours notre fille est en petite section.
Et cette étape de la vie de ma fille se résumait pour moi à une bonne claque dans la gueule…

Depuis 15 jours notre fille est en petite section.

Et cette étape de sa vie se résumait pour moi à une bonne claque dans la gueule.

Quoi ?! Moi ?!

Parent d’enfant scolarisé ?!

Moi ?! Défilant sur les podiums, devant les grilles de l’école ?!

Moi ?! Un parent d’élève ?!

Non!

Moi, un parent à qui cette première rentrée scolaire flanquait surtout un bon coup de vieux !

C’était désormais officiel, et aussi crispant que la sonnerie d’une fin de récréation : je n’étais plus juste le jeune parent de nos petits bébés…

Et toute la sémantique et la logistique scolaire semblaient être construites pour s’acharner à me rappeler de force à cette obligation de vieillir.

Car cette rentrée c’était aussi l’occasion de se familiariser avec de nouvelles obligations, de procéder à de nouveaux ajustements, qui venaient perturber l’équilibre que nous avions trouvé.

Il fallait apprendre :

  • à parler de cantine et de « boîtes-à-goûter » ;
  • à thermocoller des étiquettes de vêtements (tellement plus cool et plus pratiques que les vieilles étiquettes en bobine de grand-mère qui grattent dans le cou) ;
  • à prévoir des changes pour les accidents de sieste (et ne pas se faire refourguer les culottes salies par d’autres gosses) ;
  • à doser correctement le « Périscolaire » ;
  • à savoir distinguer la « grande garderie« , facturée au forfait, de la « petite garderie« , gratis, mais limitée à 20 Minutes ;
  • à récupérer au fond du panier à doudou celui de son enfant sans se gratter la tête ou déclarer de gastro dans les 48 heures ;

Et puis surtout, il fallait apprendre à prononcer correctement « ATSEM », en faisant semblant de comprendre, comme tous ces autres parents si bien dans leurs baskets de vieux, ce que cet acronyme barbare pouvait bien signifier (n’hésitez pas à poster un commentaire si vous le savez…).

At’ quoi? A’tzem? A’lsem? C’est quoi? C’est qui?

La nounou quoi, l’assistante.

La Dame quoi!

Merde!

Et en plus de l’At’bidule, il y avait un Gardien, un Dirlo, un chef du « Péri », et puis bien sûr un MAÎTRE!

Nous avions troqué une ASSMAT’, une femme douce, qui nous assistait avec dévouement, dans la garde de notre enfant ; une femme que l’on payait nous-même, avec qui l’on pouvait s’arranger, contre une de ces figures tutélaires de l’école de la République (et des bouquins de Marcel Pagnol) : Le Maître d’école!

Alors le nôtre, Guillaume de son petit nom (qui leur chantait des chansons à la guitare acoustique…), n’avait pas de moustache, ni de règle en bois, ni d’ailleurs d’accent du Sud, mais il avait l’horrible tort d’être un homme ; et moi, le père de ma fille, le seul homme de sa vie, j’avais un peu les boules de laisser un autre homme prendre une place quelconque dans l’univers éducatif et affectif de ma poupée.

D’autant que Guillaume était un doux, un gentil, un affectueux. Un qui pouvait plaire à ma Joséphine.

Moi j’en avais eu un, un vrai maître d’école, au CP. Un avec moustache et un du Sud. Et il ne m’avait rien inspiré d’affectif.

Alors que le père Guillaume, avait déjà réussi, au bout de 3 jours, à se faire offrir un bouquet de mauvaises herbes arrachées par Joséphine sur un trottoir devant la grille de l’école…

Bref…

Les boules quoi.


J’avais aussi les boules parce que l’école, je n’avais jamais aimé ça, à titre personnel.

Et que par la procuration de ma fille, je revivais un peu de ces temps enfouis, que je n’avais pas vraiment envie de déterrer.

L’école, je n’en avais conservé que les mauvais souvenirs. Je n’avais commencé à l’apprécier qu’à partir du Collège, voire du Lycée, c’est à dire quand les copains, les filles et les sorties avaient pu y prendre une place prépondérante, et surtout quand les professeurs avaient remplacé les maîtres et maîtresses.

Le métier d’un professeur était d’enseigner sa matière, et il s’en contentait le plus souvent, alors que celui d’un maître était d’enseigner la vie.

Et j’avais eu du mal à reconnaître à mes parents ce droit, alors l’accepter de la part d’un maître m’avait toujours été intolérable.

Quand j’étais adolescent, je m’étais juré que plus tard, quand ce serait moi le parent et que mes enfants seraient à leur tour à la place qui était alors la mienne, je réglerais, d’une manière ou d’une autre, les comptes que j’avais encore à régler avec mes maîtres et maîtresses.

Heureusement pour mes filles, j’avais grandi depuis.

Mais la voir se lancer à son tour dans ce parcours qui m’avait été si douloureux ne se faisait pas sans un petit pincement au cœur, et sans une certaine envie d’en découdre par avance avec quiconque se mettrait en travers du bonheur et du bien-être de ma fille.


Pour Cécile, la rentée de notre enfant appelait des réflexions plus mondaines… (School fame)

School Fame :-) !

Ça y était, notre Joséphine, 3 ans tout rond, venait de faire sa rentrée scolaire ; ou plutôt devrais-je dire son entrée « en scène »! …

Ça y était, notre Joséphine, 3 ans tout rond, venait de faire sa rentrée scolaire ; ou plutôt devrais-je dire son entrée « en scène »!

Et grâce à elle, c’était nous qui faisions également une entrée en scène dans la petite vie publique de notre quartier.

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Instants et frissons

Ce que font nos enfants pour nous faire fondre. Aidez-nous à exprimer vos petits frissons de parents, en quelques mots seulement…

Quand il s’agit de nos enfants, à côté des histoires que l’on aime se raconter, il en existe d’autres, plus difficile à exprimer et qu’on ne prend souvent pas le temps de relater.

Des histoires qui se ressentent, souvent très brièvement, mais qui en disent parfois plus long que la plupart des mots.

Ces histoires-là, je les sens se faufiler entre mes filles et moi, jamais plus longtemps qu’un court instant, mais toujours assez pour que raisonne un frisson dans leur sillage.

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Naître et grandir

Je suis père pour la seconde fois, depuis un peu moins de 36 heures…

Mahault est née ; Joséphine a grandi.
Joséphine a grandi ; Mahault est née.

Je ne sais pas laquelle de ces deux phrases est la plus juste, mais quel que soit l’ordre donné à ces deux propositions, la seule chose qui semble réellement à sa place est ce point-virgule, par l’effet duquel les causes et les effets de mes filles sur ma vie semblent se répondre à l’infini.

Je suis père pour la seconde fois, depuis un peu moins de 36 heures.

Père d’une seconde fille. Et je n’avais pas vu Joséphine, la première, depuis lors, jusqu’à ce qu’elle pénètre ce matin, d’un pas menu mais décidé, chambre 334, pour faire enfin la rencontre de sa sœur.

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RGO … Oh My God…

Après 9 mois d’attente, le voilà qui arrive dans notre vie. Notre second enfant, et avec lui son petit RGO tout neuf, tant redouté tout au long de ma grossesse et fantasmé dès l’arrivée dans ma chambre à la maternité, où la surveillance de la digestion de ma fille était devenue le métronome de mes journées…

Samedi 8 septembre 2018, 15h31

Reflux

Gastro

Œsophagien

Merde

Après 9 mois d’attente, le voilà qui arrive dans notre vie. Notre second enfant, et avec lui son petit RGO tout neuf, tant redouté tout au long de ma grossesse et fantasmé dès l’arrivée dans ma chambre à la maternité, où la surveillance de la digestion de ma fille était devenue le métronome de mes journées.

Le RGO c’était véritablement pour moi ce qu’était pour la petite Causette le martinet des Thénardier, accroché au-dessus de la cheminée de l’auberge de Montfermeil.

Je l’avais redouté des mois entiers, et avant même la conception de ma fille. J’avais vécu par procuration les RGO de toutes les mères les plus angoissées, épuisées, qui agonisaient sur la toile dans tous les recoins de la blogosphère.

Je connaissais par cœur le résultat de toutes les recherches sur ce sujet, si abondamment référencé par Google, que j’en étais arrivée à la conclusion évidente qu’il semblait avoir été identifié par toutes ses victimes comme la galère ultime qui vous flinguait l’accueil d’un nourrisson.

Et il vous flinguait aussi le moral, la confiance, le sommeil et la conscience, par la même occasion. Parce que de ce simple reflux venait l’œsophagite aiguë, et par-là, c’était toute la sphère ORL qui était menacée, avec en point de mire le spectre des otites à répétitions.

Une vraie saloperie quoi.

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Le deuxième enfant

Comment sera le deuxième ?

C’est la question que tout parent d’un premier enfant se pose quand la venue d’un second se précise, qu’il ne soit encore qu’à l’état de projet, ou qu’il soit déjà conçu et bien au chaud dans l’attente du jour J…

(ou les biberons de la discorde…)

Comment sera le deuxième ?

C’est la question que tout parent d’un premier enfant se pose quand la venue d’un second se précise, qu’il ne soit encore qu’à l’état de projet, ou qu’il soit déjà conçu et bien au chaud dans l’attente du jour J.

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